On s'installe au fond derrière les montagnes de bagage.
Tom : Ce n'est pas très confortable...
Bill : Peut être mais on a pas vraiment le choix. Ou on se barre et on a une chance de survivre... quelques semaines, ou on reste ici et on se fait zigouiller par Kyro !
Tom : Tu pourrais être un peu plus optimiste, j'ai survécu à un accident, je ne tiens pas à mourir entre les mains d'un mafieux !
Bill : Mais c'est pas un mafieux Tom !
Tom : Si ! Les mafieux faut toujours qu'ils tuent tout le monde. Il a un semblant de rire mais il s'arrête très vite quand on entend des voix se rapprocher à l'extérieur. Bill me fait signe de ne faire aucun bruit en mettant un doigt sur sa bouche.
Bagagiste 1 : Voilà c'était les derniers bagages.
Bagagiste 2 : Aller on ferme tout, l'avion décolle dans trois minutes. La porte de la soute se ferme et une sorte de petite veilleuse à la lueur jaunâtre s'allume. C'est un bon point, au moins nous ne ferons pas le voyage dans le noir. Bill se lève et commence à fouiller toutes les valises.
Tom : Mais qu'est ce que tu fais encore !
Bill : Je cherche des objets de valeur sinon comment veux-tu qu'on survive une fois arrivés au Japon...
Tom : C'est malhonnête ce que tu fais.
Bill : Ouais ben je préfère être malhonnête que de mourir de faim et de froid ! Il n'a pas tord... J'essaie de me « fabriquer » quelque chose de confortable avec les sacs mous que je trouve aux alentours, sans grand succès mais je finis tout de même par m'endormir.
*
Je suis dans une maison que je ne connais pas. Il n'y a aucune lumière mise à part la clarté de la lune qui traverse les fenêtres. Je reste silencieux et tends l'oreille pour détecter un quelconque bruit rassurant mais rien, nada. Je fais le tour du rez-de-chaussée en visitant chaque pièce. Il n'y a personne, je ne sais pas si je dois être rassuré ou au contraire m'inquiéter. A présent je décide de passer à l'étage. Arrivé devant les escaliers j'entends un long râle aigue. Ma respiration ralentit et je stop tout mouvement, mes sens se mettent automatiquement en éveils. On dirait un... Un bébé ?*
Je me réveil tout en sueur, tremblant comme une feuille et j'ai affreusement mal dans tout mes membres. Bill est là, accroupi à côté de moi, il me tient dans ses bras en me berçant doucement. Je gémis de douleur avant de lui demander en claquant des dents :
Tom : Qu'est ce qu'il m'arrive ?
Bill : Tu fais une crise, t'es en manque.
Tom : C'est horrible... j'ai mal de partout...
Bill : Je sais Tom, je sais... Ca va aller c'est juste un mauvais moment à passer. Il me resserre un peu plus contre lui et je finis par m'endormir d'épuisement au bout de deux heures.
*
Je me réveil lentement et m'étire. J'ai mal à la nuque à force d'avoir dormi dans une position inconfortable.
Bill : Tu es enfin réveillé.
Tom : Il est quelle heure ?
Bill : 23h15
Tom : J'ai dormi si longtemps ?
Bill : Comme une masse.
Tom : Et toi alors, t'as dormi un peu ?
Bill : Mh mh nada je n'arrivais pas à fermer l'½il.
Tom : On atterrit dans combien de temps ?
Bill : mmh une petit heure je pense.
Tom : Dis moi Bill, comment on va faire pour sortir d'ici sans se faire prendre ?
Bill : Je ne sais pas Tom...*
Des petites secousses nous indiquent que nous sommes en train d'atterrir. Puis à l'arrêt complet de l'appareil un bruit mécanique se fait entendre et de l'air frais envahit la soute.
Bagagiste : Mais... Mais qu'est ce que vous faites là ?! Qui êtes vous ?!
Bill : Et bien en faite... On voulait faire...
Bagagiste : Quoi ?! Un cache cache ?! Le bagagiste s'adresse à son collègue et lui demande d'aller chercher la sécurité. Super on est très très mal barré...
Après quelques minutes passées à réfléchir à ce qu'on allait leur dire. On voit l'homme de tout à l'heure arriver avec deux mecs en costume et baraqués comme des buffles.
Sécurité : Descendez de là !! Nous descendons sans rechigner et nous nous retrouvons les mains menottées dans le dos. Nous sommes directement emmenés dans le bureau du chef de la sécurité. Arrivés dans le bureau du big boss, les deux molosses se postent de chaque côté de la porte. Le chef se place devant nous en nous regardant d'un air mauvais puis daigne enfin ouvrir la bouche brisant ainsi le silence pesant.
Chef sécurité : J'espère que vous avez une explication à tout cela messieurs.
Tom : ...
Bill : ...
Chef sécurité : J'ATTENDS !! Je sursaute.
Bill : C'est notre chien Budy, il a sauté dans la sou...
Chef sécurité : ASSEZ ! LES CHIENS SONT INTERDIT A L'AÉROPORT, JE VEUX LA VERITÉ !
Tom : OK OK ! Nous avions une enveloppe contenant l'argent que notre mère nous a remis avant sa mort et au moment de payer nos l'argent n'était plus là voilà.
Chef sécurité : Et c'est une raison pour vous cacher dans une soute ?!
Tom : ... Non...
Chef sécurité : Pourquoi teniez vous tant à quitter l'Allemagne, vous n'avez plus de famille là-bas ? Je regarde Bill... C'est vrai ça on à personne à part notre mère ?
Bill : ...Non...
Chef sécurité : Comment se fait il que vous n'ayez pas été pris en charge par un foyer ?
Tom : Nous sommes partis directement après sa mort, personnes n'était au courant.
Chef sécurité : Mais que s'est-il passé bordel de merde, vous vous foutez de moi ! Donnez moi votre nom, prénom et votre âge.
Tom : Tom et Bill Kaulitz dix huit ans.
Chef sécurité : Bien ne bougez pas je vais me renseigner à votre sujet. Je vois Bill qui devient de plus en plus blanc. Quelques minutes plus tard le chef revient.
Chef sécurité : Je suis désolé pour votre mère... Il fallait me préciser que vous aviez été victime d'un cambriolage qui a dérapé.
Tom & Bill : ...
Chef sécurité : Combien étaient-ils ?
Bill : Qui ça ?
Chef sécurité : ..... Les cambrioleurs... Attendez, c'est bien un cambriolage n'est ce pas ? Vous n'avez rien avoir avec ça j'espère.
Bill : Non ! Jamais !
Chef sécurité : Doucement garçon, je ne t'accuse pas !
Tom : Ils... Ils étaient quatre...
Chef sécurité : Comment avez-vous fait pour vous échapper ?
Tom : On a entendu maman crier, nous étions à l'étage, les voleurs ne savaient pas qu'on était là et ils n'ont pas pris le temps de vérifier. J'ai voulu descendre mais du haut de l'escalier j'ai pu voir qu'ils étaient armés. Donc j'ai fait marche arrière et quand j'ai entendu maman hurler j'ai compris que c'était fini... Ils ne sont pas montés de suite alors on en a profité pour faire nos bagages et récupérer l'agent de maman dans son coffre puis nous sommes partis par le garage.
Chef sécurité : Bon sang... Où va le monde... Dans tous les cas vous allez retourner en Allemagne ou vous serez pris en charge par un foyer. Vous prendrez le premier avion à 6h45 demain matin. En attendant on va tout de même vous fouiller et vous passerez la nuit dans une cellule au poste le plus proche. Je sens Bill me prendre par la main et se crisper... Il redoute le retour en Allemagne. Moi aussi à présent j'ai une boule dans la gorge.
*
Nous voilà de retour à l'aéroport où un mec d'une vingtaine d'années nous attend. Pas très discret avec son panneau « Bill, Tom par ici »... On s'avance vers lui.
??? : Je suppose que vous êtes Bill et Tom.
Tom : Oui moi c'est Tom et lui c'est Bill
??? : Ok super. Le voyage s'est bien passé ?
Tom : Oui ça va. Il regarde Bill attendant sa réponse mais rien. Depuis que nous avons quitté l'aéroport du Japon il n'a pas ouvert une seule fois la bouche.
??? : Ok... Moi c'est Georg, je viens juste de commencer le métier alors ne soyez pas trop dur avec moi. Suivez moi on rentre. Nous le suivons jusqu'à sa voiture en prenant nos valises au passage. Le trajet dure une bonne heure et nous voilà de retour à Hambourg. Aussitôt arrivés Georg nous emmène devant le bureau du directeur.
Georg : Voilà, il doit vous attendre. Il va vous expliquer le fonctionnement de l'établissement. Je vous attends ici, je vous ferai visiter quand vous ressortirez. Je frappe et entends un « entrez » à travers la porte. J'entre suivi de Bill. Nous nous installons sur les deux chaises devant le bureau. L'homme qui nous fait face doit avoir dans les cinquante ans. Il a des cheveux courts grisonnants brossés en arrière. Le dessus de son crâne est dégarni.
Directeur : Bonjours messieurs. Le voyage s'est bien passé ?
Tom : Oui.
Directeur : Très bien. Bon je vais faire vite, j'ai une réunion dans quelques minutes. Ici il s'agit d'un centre pour jeunes en difficulté. J'entends par là des jeunes n'ayant plus personnes pour les héberger ou prendre soin d'eux, ceux qui se font mettre à la porte et qui n'ont nulle part où aller. Cet établissement les aide à rentrer dans une vie adulte. On les héberge jusqu'à vingt et un ans. Les mineurs reste dans ce bâtiment et vivent avec des éducateurs. C'est comme une grande famille, chacun à sa chambre et tout le monde participe aux tâches ménagères. Le couvre feu est à 23h00. En ce qui concerne les majeurs responsables, ils sont placés dans des petits appartements de l'autre côté de la cour et en centre ville. Ils reçoivent quatre cents euros par mois pour faire leurs courses. Ils n'ont pas à payer de loyer, d'eau ou d'électricité, ils sont totalement pris en charge. Par contre nous les obligeons à trouver un travail pour toutes les vacances scolaire. Il faut qu'ils aient l'habitude de travailler et de mettre de côté pour ainsi se prendre un appartement lorsqu'ils auront vingt et un ans.... Vous avez des questions ? ...
Tom : Non. Il soulève une feuille sur son bureau qu'il met de côté et prend celle qui se trouvait au-dessous.
Directeur : Alors... Tom et Bill Kaulitz... Vous avez dix huit ans mais vous allez rester ici une ou deux semaines. Je demanderai aux éducateurs comment ça se passe et si tout va bien vous irez en appartement. Vos numéros de portable ne figurent pas sur ma fiche... Vous n'en avez pas ? C'est alors que je me rappelle la scène ou je jette les cartes SIM dans les toilettes de l'hôtel.
Tom : Et bien nous avons un portable mais pas de carte SIM.
Directeur : Ce n'est pas un problème je donnerai de l'argent à Georg et vous irez en acheter avec un peu d'unités pour pouvoir nous téléphoner en cas de problèmes. Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée messieurs.
Tom : Merci au revoir. Nous sortons. Georg nous fait visiter, c'est plutôt grand. Au rez-de-chaussée on trouve, une cuisine américaine et le salon dans la même pièce. Puis il y a quatre chambres pour chacun des éducateurs. Et enfin la salle de bain avec les toilettes. A l'étage il y a six chambres avec petite salle de bain et toilettes dans chacune d'elle. Chaque chambre doit faire dix mètres carré.
Tom : Il n'y a personne ?
Georg : Non aujourd'hui c'est journée pique nique. Les autres éducateurs : Maléa, Lucie et Josh ont emmenés les jeunes manger à la campagne.
Tom : Ok et on s'installe où ?
Georg : Alors là c'est qu'il y a eu un petit soucis. Il ne restait plus qu'une chambre de libre donc on y a mis un deuxième lit. J'espère que ça ne vous dérange pas de rester quelques jours comme ça. D'ici une semaine Chris qui est dans la chambre juste à côté de la votre part habiter avec son oncle qui vient d'arriver en ville. Il nous montre notre chambre où nos valises ont été déposées au pied de l'armoire puis nous laisse nous installer.
Je déballe la mienne et range mes vêtements dans les deux casiers du haut puis m'affale les mains derrière la tête sur le lit près de la fenêtre.
Tom : Aller Bill souris un peu, on va se plaire ici. T'imagines ? On va avoir le droit à quatre cents euros par mois quand nous serons en appart !
Bill : Super... J'vais prendre une douche, je me sens crasseux d'avoir passé toute une journée dans une soute suivi d'une nuit dans une cellule pour tarés.
Tom : Non Bill attends...Je me précipite dans l'encadrement de la porte de la salle de bain et lui barre la route. Il pose ses mains sur mon torse et me pousse mais je tiens bon et ne bouge pas d'un centimètre.
Bill : Dégages de là Tom !
Tom : Non ! Ses yeux commencent à briller. Je l'attrape par les épaules et le serre contre moi. Il se débat, il essaie de se dégager mais je le tiens fermement, il en a besoin, il a besoin de sentir que je suis là... Et j'en ai besoin moi aussi... Je me sens tellement perdu depuis deux jours.
Il finit par s'agripper à ma taille comme si sa vie en dépendait et pleur bruyamment dans mon cou.
Tom : Chuuut calmes toi, tout va bien se passer...Il relève sa tête et encre son regard dans le mien.
Bill : Non Tom ! Non ! Tout ne va pas bien se passer. A l'heure qu'il est ils ont déjà dû nous repérer et ils sont probablement en route pour venir nous chercher. Ils seraient foutus de tuer toutes les personnes de cet établissement pour nous avoir...
Tom : ...
Bill : Bon... Je peux allé prendre ma douche maintenant ? Je desserre mon étreinte puis il s'écarte. Je le laisse passer et retourne sur mon lit. La porte de la salle de bain se referme et l'eau se met à couler. Sentir qu'il y à une présence, surtout celle de Bill m'apaise. Je m'endors.
*
Je suis encore dans cette maison, l'atmosphère est toujours la même, il fait toujours aussi sombre à l'exception de la lune qui a changé de place. Je me rappelle du bébé que j'ai entendu plus tôt alors je vais directement vers les escaliers. Les pleures n'ont toujours pas cessés. Je grimpe pas à pas sans précipitation. Je me dirige au son des sanglots. J'arrive devant une porte. A présent je suis sûr que les pleurs viennent de cette pièce. Alors que je suis sur le point de tourner la poignée, des éclats de voix me parviennent du fond du couloir sur ma gauche. On dirait deux personnes en train de se disputer, une dispute violente. Je marche sans faire de bruit vers la porte entre ouverte au fond du couloir. Je regarde dans l'entre bâillement. Je vois un homme, il y a quelqu'un avec lui. Je pousse légèrement la porte pour mieux voir ce qu'il se passe. C'est une femme qui est face à lui. Elle est en pleure.
??? : Pourquoi ! Pourquoi as-tu fait ça ?!!
??? : Fermes là pauvre conne ! C'est de ta faute, tu crois qu'on a pas assez de problèmes d'argent comme ça ?! Un seul suffisait amplement !!
??? : Tu n'es qu'un monstre ! Tu croix peut être que c'est moi qui ai choisi ? Tu te rends compte que ça va le briser le jour où il apprendra que tu as...*
Tom... Tom... Tom !Bill : Tom... Réveilles toi on mange, tout le monde est revenu, tu ne vas pas me laissé y aller tout seul quand même.
Tom : Je... Euh oui, le temps de me rafraîchir et j'arrive.
Bill : Dépêches toi ça fait déjà dix minutes que Georg nous a appelé.
Tom : Ouais... Ouais okJe me lève tout moite, mon t-shirt me colle à la peau. J'ouvre mon placard pour en choisir un propre.
Bill : Ca va ? Tu transpires. Tu as fait un cauchemar ?
Tom : Euh... Je ne sais pas si on peut appeler ça un cauchemar... Ca ne faisait pas peur, ce n'était pas désagréable mais c'était plutôt... Angoissant et...intrigant.
Bill : Racontes moi...
Tom : Ca fait la deuxième fois que je rêve d'un gosse qui pleure, mais cette fois il y avait deux personnes qui se disputaient violemment...
Bill : A propos de quoi se disputaient-ils ?
Tom : Euh... Je... Je ne sais plus...Parfois ce qui était clair en rêve n'a soudain plus aucun sens. Je me rafraîchis le visage avec un peu d'eau puis nous descendons.
Georg : Vous voilà enfin tous les deux. Aller hop à table. Les jeunes, je vous présente Bill et Tom. Tout le monde salut poliment. J'aurais voulu être à côté de Bill pour ne pas être trop dépaysé mais il ne reste plus que deux places séparées l'une de l'autre. Je me retrouve donc à côté d'un petit blondinet et Bill le p'tit veinard, à côté d'une magnifique brune. Le repas se passe extrêmement bien contrairement à ce que j'ai pensé en quittant la chambre tout à l'heure. Ils sont tous chaleureux et respire la joie de vivre ; Ils sont passés outre leurs problèmes et vont de l'avant sans se retourner. Les éducateurs sont super sympa et très compréhensifs. J'ai même pu faire connaissance avec le blond à ma droite. Il s'appelle Gustav et si il est ici c'est parce que ses parents ont découvert une seringue dans la salle de bain. Elle ne lui appartenait pas, elle était à son frère aîné Matt. Il a bien essayé de le leur dire mais ils n'ont rien voulu savoir. Pour eux Matt était bien trop sage, du moins en apparence. A ce que m'a dit Gustav il était du genre gosse de riche : Poli, bien coiffé, bien habillé : chemise, cravate petit gilet ; Mais dans le dos de ses parents il était infernal. Il les insultait en disant qu'ils étaient naïfs et qu'ils n'étaient rien d'autre que des lèches bottes.
Gustav : Un vrai manipulateur ! Si tu le voyais, on a envie de lui foutre des baffes ! Je jette un petit coup d'½il dans la direction de Bill qui est en pleine discussion avec la brune. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Ca fait plaisir de le voir comme ça. Le repas se termine dans la joie et la bonne humeur. Ce soir ce sont les éducateurs qui font la vaisselle.
Je monte dans notre nouvelle chambre prendre une douche, me laver les dents et en quelque sorte me mettre en pyjama. Un boxer et un t-shirt feront l'affaire. Je me couche dans des draps frais et parfumés. Je me sens bien ici seul, un peu de solitude n'est pas de refu après ces deux jours mouvementés. Malheureusement quelqu'un vient me déranger.
Tom : Entrez...
Georg : Désolé de te déranger il me faudrait votre numéro de portable à ton frère et toi.
Tom : On a un portable mais pas de carte SIM. Le directeur ne t'en a pas encore parlé ? Il a dit qu'il te donnerait de l'argent pour que tu nous emmènes en acheter avec un peu de crédit par la même occasion.
Georg : Bien je vais aller le voir. Dors bien. Avant qu'il referme entièrement la porte je lui demande :
Tom : Georg...
Georg : Oui ?
Tom : On est quel jour déjà ?
Georg : Dimanche pourquoi ?
Tom : Oh comme ça... Il n'y a pas cours demain ? Il fronce les sourcils.
Georg : ... C'est les vacances, t'as oublié ?
Tom : Euh...Il rit.
Georg : Je pensais que c'était vraiment la dernière chose qu'un ado pouvait oublier ! Aller bonne nuit gros. Il referme la porte et j'entends dans le couloir un vague « bonne nuit ». La porte se réouvre sur un Bill rayonnant. Il se dirige vers la salle de bain quand je l'arrête :
Tom : Ben alors ! Tu ne me racontes pas comment ça s'est passé avec ta nouvelle copine ? Ill me sourit.
Bill : Si tu y tiens ! Il vient se mettre à califourchon sur moi par-dessus la couette.
Bill : Elle s'appelle Lola, elle a dix sept ans et elle est ici depuis deux semaines. Elle adore mon look et m'a demandé des conseils en matière de maquillage... elle me plait beaucoup ! Je souris à mon tour.
Tom : Super je suis content ! Au fait, tu es obligé de toujours nous mettre dans des positions... Enfin tu vois ! Il se marre.
Bill : Et ben ! Je vais vraiment finir par croire que je te fais de l'effet !
Tom : Hé ! C'est moi qui devrais dire ça, c'est toujours toi qui me plaques contre des caisses ou qui me monte dessus. Il s'arrête de rire et hausse un sourcil comme il a l'habitude de le faire.
Bill : Euh t'as pas oublié qu'on est frère hein ?
Tom : Au cas où tu n'aurais pas remarqué, on ne se ressemble pas du tout et j'ai vraiment du mal à me faire à l'idée qu'on est jumeaux, donc si tu continues à me chauffer comme ça, je te préviens que je n'hésiterai pas à te sauter dessus !! Ses yeux s'arrondissent et sa bouche s'entre ouvre, bref il a une tête complètement paniquée. Impossible de me retenir plus longtemps, j'éclate de rire. Il fronce les sourcils.
Bill : Quoi tu trouves ça drôle ?!
Tom : Si t'avais vu ta tête ! Je déconnais hein !
Bill : 'Tain t'es trop con, j'ai faillit te croire en plus ! dit-il en me donnant une claque sur le torse.
Il se lève et part se démaquiller avant de se coucher à son tour. Finalement je ne déconnais pas tant que ça, c'est vrai j'ai du mal à voir un frère en Bill, il est bien trop différent de moi physiquement. Tout ce que je vois c'est un être qui me guide à travers cette vie que je ne connais plus, un être à qui je me suis attaché, avec un look excentrique et une apparence plus efféminée que jamais. Un être qui me rassure et qui me donne l'affection dont j'ai besoin à travers ses petites positions ou gestes quelque peu déplacés. Sait-il à quel point il me devient indispensable pour avancer ?
Tom : Demain Georg nous emmène acheter des nouvelles cartes SIM.
Bill : D'accord.
Tom : Au fait Bill, C'est les grandes ou petites vacances ? Il se relève brusquement sur un coude en me regardant avec un regard interrogateur.
Bill : Tu t'en souviens ?!!
Tom : Non c'est Georg qui me l'a dit...
Bill : Ah... Ce sont les grandes vacances. Dit-il déçuTom : Merci. Bonne nuit. Je le vois se lever et rapprocher son lit du mien.
Tom : Tu as peur du croquemitaine ?
Bill : Pfff mais non gros bêta ! Il se recouche et prend ma main.
Bill : J'ai besoin de sentir que tu es là c'est tout, je ne te chauffe PAS ! J'éclate de rire.
Tom : Je ne savais pas que tu étais resté là-dessus !
Bill : gnagnagna ! Bonne nuit. Je m'endors rapidement dans cet endroit qui m'apaise et cette nouvelle chambre qui n'est qu'ordre, douceur, calme et voluptée.
*
Je suis dans le bus en route pour le centre ville. Bill n'a pas voulu venir préférant rester avec Lola et j'ai dit à Georg que je préférais y aller seul. C'est étrange... Il y a quelques jours, je ne me souvenais même pas quel chemin prendre pour sortir de la ville alors qu'aujourd'hui C'est limite si je la connais par c½ur. Quand j'ai dit ça à Bill il était fou de joie. Je me demande si je dois l'être autant que lui. En temps normal je devrais être content de constater que ma mémoire revient petit à petit, pourtant c'est tout le contraire, ça me fait peur. Je ne veux pas me souvenir de ma mère si c'est pour souffrir et culpabiliser en me disant qu'elle est morte à cause de... moi. Oui c'est ça, de moi car je suis le seul fautif dans cette histoire, si je n'avais pas eu d'accident tout irai très bien. Certes nous serions toujours dans cette putain de secte mais au moins maman serait toujours en vie et Bill serait heureux. D'ailleurs en ce qui concerne l'accident je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé avant pour que je marche sur une petite route de campagne seul dans la nuit. Est-ce que je m'étais disputé avec Bill, avec ma mère, ou est-ce une toute autre raison...?
Je descends à mon arrêt et entre dans le premier tabac et magasin mobi store que je voie. Après avoir acheté les cartes SIM et les unités je me mets à déambuler dans les rues sans destinations précises. J'ai l'impression de ne pas être sorti depuis des mois. Je m'arrête par ci et par là pour redécouvrir les boutiques quand une au coin d'une rue retient vivement mon attention. L'enseigne au dessus de la porte indique « Mega Sono ». Des instruments à quatre cordes sont disposés tout le long de la vitrine. Je suis persuadé d'en avoir déjà tenu une entre mes mains. Je me décide à entrer. Au fond se trouve une
BC RICH Zombie grise qui d'ailleurs est... Ouaw tout simplement. Sur ma gauche se trouve
plusieurs guitares positionnées en ligne tout aussi magnifique les unes que les autres mais une attire particulièrement mon regard. Celle-ci détrône toutes les autres, c'est la perfection incarnée...
Je suis comme hypnotisé et ne la quitte pas des yeux au fur et à mesure que je me rapproche d'elle. C'est une superbe
Gibson LES PAUL suprême blanche aux mécaniques, micros, chevalet et boutons de contrôle dorés. Je ne me retiens pas et pose délicatement mes doigts dessus. Je les laisse glisser sur les cordes d'acier puis sur cette caisse si lisse et brillante. Ce contact me fait frissonner. Mon touché en devient sensuel, c'est comme quand on touche une femme : c'est doux, c'est passionné, c'est désiré... Oui à cette instant je la désire plus que tout, je la veux à tout prix mais mon c½ur rate un battement quand mes yeux trouvent l'étiquettes indiquant le prix de cette divinité. Deux mille cinq cent quatre vingt dix neuf euros... Rien que ça ! C'est bien trop au-dessus de mes moyens. Une voix interrompe ma contemplation.
??? : Sais-tu que tu pourrais te l'offrir. Je me retourne un grand type me fait face. Il est vêtu d'un costume noir avec une cravate violette. Il a les cheveux mi-longs blond platine coiffés en arrière sûrement à l'aide d'un pot de gel tout entier. C'est sûr il n'a pas plus de trente ans.
Tom : Ah bon ? Et comment ?
??? : J'ai un petit travail pour toi, suis moi.
Tom : Désolé mais je ne vais pas suivre le premier mec qui me propose un boulot sans même connaître mes compétences.
??? : Tu la veux cette guitare oui ou non ?! Je me retourne vers la concernée et me remémore le sensation que j'ai eu en la touchant.
Je finis par accepter et le suis jusque dans une petite ruelle située à côté d'un sex shop. Au fond se trouve une porte en fer. Il frappe. Elle s'ouvre sur un homme très grand qui s'écarte pour nous laissé passer. A l'intérieur se trouve des escaliers menant plus bas. Je ne vois pas ce qu'il y a au fond, il fait beaucoup trop sombre.
??? : Descends.Son ton est glacial
Tom : Hé une minute ! Je ne vous connais pas et je ne sais pas ce qui se trouve en bas, vous ne croyez tout de même pas que j'allais vous suivre là dedans !
??? : Tu n'as pas le choix Tom...
Tom : Comment connaissez vous mon nom...
??? : Voyons Tom, tu ne reconnais pas ton ami ? Je recule lentement, il commence vraiment à me faire flipper.
Tom : Ami ? Mais... Mais qui êtes vous ? Il regarde l'homme près de la porte et hoche la tête. Celui-ci se précipite vers moi et par je ne sais quelle manipulation, il me bloque les bras dans le dos. Ca fait mal, je gémis de douleur.
Tom : Aaah ! Mais qui êtes vous bordel ! Lâchez moi je n'ai rien fait !
??? : Enfin Tom c'est moi... Kyro...Je pense que là je peux vraiment commencé à avoir peur...
Miliie-yaoi => Ton commentaire est très plaisant il me ravigote même. Moi qui n'étais plus très motivé bas me voilà regonflé ! ^^ Pour la déco c'est vrai c'est moche mais je n'ai pas le choix. Au lycée (je n'ai pas internet chez moi) il n'y a pas le flash truc pour pouvoir la personnaliser mais je pense pouvoir le faire pendant les vacances chez ma môman. J'espère que tu me donneras ton avis ;) et en ce que concerne l'écriture sur la photo : siiii c'est la mienne mais pour ma défense j'étais coincé entre un mur et une table, j'écris mieux avec un stylo encre et pour finir je suis un mec... les mecs écrivent très mal xD Je suis très heureux que l'histoire te plaise et j'espère que ce chapitre ne t'a pas déçu :)